Gabriel – 1/5

“Je suis né au Congo (Kinshasa). La majorité de ma famille est Angolaise. Mes parents ont souhaité retourner en Angola lorsque j’avais 15 ans. Ils avaient fui la guerre pour trouver refuge au Congo. Je suis ensuite resté une dizaine d’année en Angola. Dans mon pays, nous rencontrons des difficultés économiques. Tout le monde essaye de trouver des moyens pour s’en sortir. Comme chez les animaux, chacun se dirige instinctivement vers ce dont il a besoin pour vivre. Tandis ce que j’étais sans travail en Angola, un frère m’a dit un jour que je pouvais avoir une vie meilleure en France.

Les réfugiés de la guerre d’Angola revenus au pays subissent du racisme. Tous ceux étant sortis du pays pendant la guerre n’ont plus d’opportunité de travail en y retournant. L’angolais ne s’intéressera pas à toi si tu n’essayes pas de t’intégrer par toi-même. Faire parti de la communauté se mérite et nécessite des efforts, notamment dans l’apprentissage de la langue locale portugaise. Mes parents et moi parlions le français (langue officielle du Congo), le lingala et le kikongo. En Angola, l’apprentissage de la langue peut nécessiter une ou deux années : les moyens pour faciliter l’intégration sont faibles. Je me suis donc senti, au départ, exclu par mes propres cousins. Je ne ressentais de leur part aucun amour et aucune fraternité. C’était comme si ils m’en voulaient de venir au Congo pour profiter des bénéfices de leur pays. J’étais isolé et considéré comme un étranger par ma propre famille malgré ma volonté d’y être accepté.

Pour m’intégrer, j’ai d’abord appris le portugais, à en oublier le français. J’ai aussi été formé et j’ai travaillé pour une entreprise de vitriers. C’était un métier souvent exercé, là bas, par les portugais et les somaliens. J’ai finalement réussi à être reconnu par toute ma famille. Mon objectif principal restait celui d’étudier dans le domaine de l’informatique. Chacun a quelque chose en lui qui détermine ses objectifs. J’ai oublié le mien à cause du travail. Puis je n’ai finalement jamais eu l’opportunité d’étudier en Angola par manque de places.

Après mes 2 ans d’apprentissage du portugais, l’économie du pays a baissé brutalement. En 2018, j’ai perdu mon emploi, comme tout le monde. Pour me sortir de la difficulté, j’ai proposé ma candidature dans plusieurs entreprises, j’ai demandé de l’aide à l’Eglise et j’ai sollicité plusieurs personnes pouvant m’aider à voyager en Europe (France ou Portugal) ou au Brésil. Les congolais aiment beaucoup aller en Europe pour s’y installer. Les angolais vont majoritairement au Portugal et au Brésil mais ils retournent souvent au pays. J’avais la mentalité d’un angolais depuis que je me sentais appartenir à ma nouvelle communauté. Par chance, un frère m’a recontacté pour m’expliquer les modalités du voyage vers la France. Il m’a offert gratuitement un vol et un passeport vers le Portugal puis un contact pour passer en France.” (1/5)

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